LES SAPINS: Y A-T-IL UNE VIE APRÈS NOËL ?

Acheter son sapin en décembre, le décorer, fêter Noël puis s’en débarrasser : voici le schéma type des fêtes de fin d’année ! 

Mais jeter son sapin n’est plus synonyme de tracas, car depuis certaines années, les choses ont changé et ont permis de donner une seconde vie à notre sapin préféré grâce aux collectes

Pour rappel, bien avant qu’on puisse trouver dans la ville des points de collecte, le roi des forêts était déposé dans la rue sans qu’il ne puisse être recyclé (aujourd’hui passible d’une amende), brûlé dans l’incinérateur ou lors de la tradition du feu de sapin de Noël qui certes n’est plus aussi répandu, mais reste présent dans certains villages. Retraçons la vie de ce sapin pour en savoir plus… 

  • Le marché du sapin

Les chiffres

En France, la grande majorité des sapins de Noël proviennent de productions agricoles, et non des forêts. Elles sont situées principalement dans le Morvan, la Corrèze, le Limousin, le Jura et les Ardennes. Il faut entre 5 à 10 ans, selon la taille désirée, pour obtenir un sapin de Noël et le Nordmann est le roi des plantations françaises avec plus de 70 % des ventes dans le pays.

En 2019, 5,8 millions de sapins naturels ont été vendus en France (Source : étude Kantar), ce qui donne un marché florissant à 196 millions d’euros pour cette même année. 

Cette plante, cultivée par les producteurs, est bénéfique pour l’économie locale. En effet, les sapins sont issus d’une production agricole raisonnée qui privilégie les circuits courts pour sa distribution. La culture du sapin naturel permet également de limiter les gaz à effet de serre. Enfin, la culture de ce fameux sapin de Noël crée de nombreux emplois dans les régions productrices.  

Une nouvelle ère avec la collecte 

Depuis une dizaine d’années, l’heure est venue à la collecte de nos sapins après les fêtes. La ville de Paris a par exemple mis en place plus de 190 points de collecte pour cette année 2021, c’est une action dans la plupart des villes et agglomérations de France. 

Le bilan chiffré pour la campagne 2020/2021 est de 121 146 sapins valorisés pour 170 points de collecte. (Source: mairie de Paris).

  • Que deviennent-ils ?

Un outil écologique 

Ces arbres, une fois collectés, seront broyés et utilisés pour les espaces verts des villes ou des communes pour réduire l’apparition des herbes libres et limiter l’évaporation de l’eau. Ils peuvent également servir de combustible pour les chaudières à bois ou comme paillage et/ou compost pour protéger et enrichir les sols.

De nouvelles idées apparaissent 

Une fois les fêtes finies, le sapin peut également servir de coupe-vent pour protéger les dunes de l’érosion comme le fait l’association Dunes Attitudes à l’île de Ré et cette technique est maintenant utilisée dans la région bordelaise. 

Les sapins peuvent également être plantés dans des étangs comme abris à poissons. 

  • L’aspect écolo

L’aspect négatif : les sapins artificiels 

Contrairement aux idées reçues, le sapin naturel a un meilleur bilan carbone que le sapin artificiel. 

“Le sapin naturel émet 3 kilogrammes de CO2 par an tandis qu’un sapin artificiel en émet 8″ ~ Julie Laussat, autrice du livre Mon Noël écolo. 

Si l’idée persiste, vous pouvez opter pour un sapin artificiel d’occasion !

Les aspects positifs : les sapins en pot et fait de récup’ 

Votre beau sapin, s’il a été acheté en pot (avec ses racines) pourra être replanté dans votre jardin chaque année. Cette méthode n’est pas nouvelle, mais peine à se faire remarquer en France sachant qu’il faut remplir plusieurs conditions : avoir un jardin et s’occuper de son sapin. Le sapin en pot pourrait reprendre des parts de marché dans les prochaines années, d’autant plus qu’ils sont aujourd’hui de qualité supérieure. 

Une autre alternative consiste à utiliser tout ce qui est zéro déchet ou issu de la récupération pour créer son propre sapin qui pourra être réutilisé l’année suivante.

Les polémiques autour des sapins écologiques 

Cette année, la ville de Bordeaux a fait polémique avec son sapin de Noël fait en verre et en acier recyclé et recyclable. 

C’est l’idée de Pierre Hurmic, le maire écologiste de Bordeaux qui ne souhaitait pas voir d’arbre mort dans sa ville. Il a confié le travail à l’artiste Arnaud Lapierre.

Mais cette décision fait polémique pour l’opinion publique qui pense que le traditionnel sapin de Noël devrait rester un arbre.

Chacun a son opinion sur la question du sapin de Noël : naturel, artificiel ou recyclé ! DOD se penche sur cette question et pourrait proposer dans les prochaines années un sapin en chutes de bois. Mais en attendant, apportez votre sapin à l’un des points de collecte !